
René Descartes
Pour rebâtir le savoir sur du roc, il a commencé par douter de tout — jusqu'à trouver la seule certitude qui résiste : celle du sujet qui pense.
René Descartes naît en Touraine en 1596 et reçoit chez les jésuites la meilleure éducation de son temps — dont il sort déçu : tant d'opinions contradictoires, si peu de certitudes. Une nuit de novembre 1619, dans une chambre chauffée par un poêle en Allemagne, il conçoit le projet de sa vie : refonder toutes les sciences sur une méthode unique, inspirée de la rigueur des mathématiques.
Sa démarche est radicale : douter volontairement de tout ce qui peut être douté — les sens qui nous trompent, le monde qui pourrait être un rêve, et même les mathématiques qu'un « malin génie » pourrait fausser. Mais au bout de ce doute hyperbolique, une certitude demeure : pour être trompé, encore faut-il exister. « Je pense, donc je suis » (cogito ergo sum) devient le premier principe de sa philosophie, le point d'appui sur lequel il reconstruit la connaissance, l'existence de Dieu et la science du monde matériel.
Installé aux Pays-Bas pour travailler en paix, il publie en français — fait révolutionnaire — pour être lu de tous, « même des femmes », dit-il, et non des seuls savants. Mathématicien génial (la géométrie analytique et ses « coordonnées cartésiennes », c'est lui), il meurt à Stockholm en 1650, victime des leçons de philosophie que la reine Christine exigeait à cinq heures du matin.
- 1637Discours de la méthode
Les quatre règles pour bien conduire sa raison — premier grand texte philosophique en français.
- 1641Méditations métaphysiques
Le doute hyperbolique, le malin génie et le cogito : le cœur du programme.
- 1649Les Passions de l'âme
L'union de l'âme et du corps, et la maîtrise des passions.