
Épicure
On l'accuse encore d'être un philosophe du plaisir facile — il enseignait en réalité une vie simple, sans peur des dieux ni de la mort, dans un jardin où hommes, femmes et esclaves étudiaient ensemble.
Épicure naît en 341 av. J.-C. sur l'île de Samos, dans une famille athénienne. Après avoir étudié la philosophie dans plusieurs cités, il s'installe à Athènes en 306 av. J.-C. et y fonde une école particulière : le Jardin. Contrairement à l'Académie de Platon ou au Lycée d'Aristote, on y admet les femmes et les esclaves, fait rarissime pour l'époque — la philosophie, pour Épicure, doit soigner tout le monde, pas seulement une élite.
Sa philosophie répond à une question pratique : comment vivre heureux ? Sa réponse tient en un tétrapharmakon (« quadruple remède ») : ne crains pas les dieux (ils ne se mêlent pas des affaires humaines), ne crains pas la mort (« quand nous sommes, la mort n'est pas ; quand la mort est là, nous ne sommes plus »), le plaisir est facile à atteindre (il suffit de satisfaire les désirs naturels et nécessaires — la faim, la soif, un abri — pas les désirs vains comme la richesse ou la gloire), et la douleur est supportable. Le plaisir qu'il recherche n'est donc pas l'excès, mais l'ataraxie : l'absence de trouble de l'âme.
Il ne nous reste de son œuvre immense (on lui prête plus de 300 rouleaux) que trois lettres et des maximes, transmises par Diogène Laërce. Sa philosophie survivra des siècles plus tard dans le poème De la nature de Lucrèce, avant d'être largement calomniée par le christianisme, qui confond à tort épicurisme et débauche — un contresens que combattent encore aujourd'hui les historiens de la philosophie.
- v. 300 av. J.-C.Lettre à Ménécée
Le texte le plus lu au bac : le tétrapharmakon et la sagesse du plaisir mesuré.
- v. 300 av. J.-C.Lettre à Hérodote
Résumé de sa physique atomiste, héritée de Démocrite.
- v. 290 av. J.-C.Maximes capitales
40 sentences courtes résumant l'éthique épicurienne.