
Georg Wilhelm Friedrich Hegel
Pour lui, l'histoire n'est pas un chaos mais le déploiement de la raison : chaque conflit, chaque contradiction est une étape par laquelle l'Esprit se réalise et l'homme conquiert sa liberté.
Hegel naît à Stuttgart en 1770. Étudiant en théologie à Tübingen, il partage sa chambre avec le poète Hölderlin et le philosophe Schelling ; ensemble, ils plantent un « arbre de la liberté » pour saluer la Révolution française — événement qui marquera toute sa pensée. En 1806, à Iéna, il achève la Phénoménologie de l'esprit alors que Napoléon entre dans la ville : il dit avoir vu passer sous ses fenêtres « l'âme du monde à cheval ».
Sa grande idée est la dialectique : la pensée comme la réalité avancent par contradictions surmontées. Une affirmation appelle sa négation, et de leur conflit naît un dépassement qui conserve et élève les deux moments. La célèbre dialectique du maître et de l'esclave l'illustre : le maître qui fait travailler l'esclave devient dépendant de lui, tandis que l'esclave, en transformant le monde par son travail, se forme et conquiert la vraie autonomie. Le travail n'est donc pas une malédiction : c'est par lui que la conscience se réalise.
Professeur célébré à Berlin, Hegel voit dans l'histoire universelle « le progrès dans la conscience de la liberté » : les grandes figures (César, Napoléon) croient poursuivre leurs buts personnels mais servent, sans le savoir, la « ruse de la raison ». Il meurt du choléra en 1831, laissant une postérité immense et divisée — Marx retournera sa dialectique « la tête en bas » pour en faire une arme de critique sociale.
- 1807Phénoménologie de l'esprit
Le voyage de la conscience — dont la dialectique du maître et de l'esclave, classique du bac.
- 1821Principes de la philosophie du droit
L'État comme réalisation de la liberté ; « ce qui est rationnel est réel ».
- 1837 (posthume)La Raison dans l'histoire
L'histoire comme progrès de la liberté et la « ruse de la raison ».
- 1835 (posthume)Esthétique
L'art comme manifestation sensible de l'Esprit — et sa « fin » annoncée.